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Stress chronique, système nerveux et fascias : quand le corps reste en état d’alerte

STRESS • FASCIAS • LENTEUR: Quand le corps reste en état d’alerte
STRESS • FASCIAS • LENTEUR: Quand le corps reste en état d’alerte

Un tissu qui m’intéresse particulièrement dans ma pratique du MUNZ FLOOR® : le fascia

Nous parlons souvent du stress comme d’un phénomène qui se passe « dans la tête ».

Pourtant, lorsqu’il se prolonge, c’est tout le corps qui reçoit le message.

Notre respiration change. Certains muscles restent davantage contractés. Le sommeil peut devenir moins réparateur. Notre façon de bouger se modifie, parfois sans même que nous nous en rendions compte.

Et au cœur de cette adaptation permanente se trouve un tissu qui m’intéresse particulièrement dans ma pratique du MUNZ FLOOR® : le fascia.


Le cortisol n’est pas notre ennemi

Le cortisol fait partie des hormones qui nous permettent de nous adapter à une situation stressante.

À court terme, cette réponse est parfaitement physiologique. Elle permet de mobiliser rapidement de l’énergie et de faire face à une difficulté.

Le problème n’est donc pas le cortisol lui-même.

C’est plutôt la répétition ou la prolongation de l’état d’alerte qui peut modifier progressivement notre fonctionnement : qualité du sommeil, récupération, perception de la douleur, niveau de tension musculaire, respiration et comportement moteur.

Notre corps peut finir par conserver des stratégies de protection alors même que le danger immédiat a disparu.


Et les fascias dans tout cela ?

Les fascias ne sont pas de simples enveloppes autour de nos muscles.

Ils appartiennent au vaste réseau de tissu conjonctif qui participe à l’organisation mécanique du corps. Ils sont constitués notamment de fibres de collagène, de cellules comme les fibroblastes et d’une matrice extracellulaire riche en eau.

Mais surtout, ce sont des tissus vivants et sensibles.


Les recherches contemporaines montrent que certaines structures fasciales sont richement innervées. Elles participent à la transmission d’informations sensorielles liées notamment au mouvement, à la position du corps et à la douleur.


Les fibroblastes, eux aussi, répondent à leur environnement mécanique et biologique.

Des travaux expérimentaux indiquent par ailleurs que les glucocorticoïdes et d’autres médiateurs impliqués dans la réponse au stress peuvent influencer l’activité des fibroblastes et le métabolisme du collagène.

Cela ne signifie pas que « le stress se stocke dans les fascias ».

Mais cela nous rappelle quelque chose d'essentiel : le système nerveux, les muscles, le tissu conjonctif, les hormones et notre manière de bouger ne fonctionnent pas indépendamment les uns des autres.


Quand le corps commence à se protéger

Observez ce qui se passe lorsque nous sommes inquiets ou sous pression.

Les épaules peuvent remonter.

La mâchoire se serrer.

La respiration devenir plus haute.

Le ventre se contracter.


Le mouvement perd de son amplitude et de sa spontanéité.

Ces réactions sont utiles lorsqu’il faut se protéger rapidement.

Mais lorsqu’elles deviennent habituelles, notre répertoire de mouvements peut progressivement se réduire.

On évite certaines directions. On rigidifie certaines régions. On utilise toujours les mêmes stratégies.

Et un cercle peut s’installer:

plus je me sens tendu, moins je bouge librement ; moins je bouge librement, plus certaines sensations deviennent préoccupantes.


Dans certaines situations de douleur persistante, le système nerveux lui-même peut également devenir plus sensible. Un mouvement ou une pression auparavant anodins peuvent alors être ressentis beaucoup plus intensément.


C’est précisément ici que la lenteur prend tout son sens

Le MUNZ FLOOR®, créé par Alexandre MUNZ, ancien danseur étoile de l’Opéra de Berlin, propose une façon très particulière de remettre le corps en mouvement.


La pratique s’effectue allongé au sol.

Les mouvements sont spiralés, tridimensionnels et réalisés dans une lenteur hors norme.

Il n’est pas question de rechercher la performance, d’aller plus loin à tout prix ou de lutter contre une résistance.

Au contraire:

-Le sol porte le corps.

-La voix, spécialement étudiée, guide le mouvement.

-L’attention quitte progressivement la forme extérieure pour revenir vers les sensations intérieures.

Et la lenteur laisse le temps de percevoir.


Ne pas forcer : envoyer un autre message au corps

Lorsque j’enseigne le MUNZ FLOOR®, je répète souvent une idée qui résume ma façon d’aborder les fascias :

Le fascia répond au signal, pas à la force.

Chercher à contraindre un corps qui se protège risque simplement de renforcer cette protection.

À l’inverse, explorer lentement un mouvement, rester dans une amplitude confortable, respirer et laisser apparaître progressivement de nouvelles possibilités peut proposer au système nerveux une expérience très différente.

Non plus :

« Il faut aller plus loin. »

Mais plutôt :

« Tu peux explorer cette direction sans danger. »


C’est cette notion qui me paraît particulièrement intéressante lorsqu’on parle de stress.

Le MUNZ FLOOR® ne prétend pas « éliminer le cortisol » et il serait scientifiquement incorrect de le présenter ainsi.

Mais ses conditions de pratique — être allongé, diminuer la charge gravitaire, ralentir considérablement le mouvement, utiliser les spirales et porter son attention sur les sensations — peuvent offrir un contexte particulièrement propice à l’écoute corporelle et au relâchement des tensions inutiles.


Retrouver de la variété plutôt que rechercher la performance

Un corps en bonne santé n’est pas nécessairement un corps qui va toujours plus loin.

C’est aussi un corps capable de s’adapter.

Se contracter lorsqu’il le faut.

Puis se relâcher.

Accélérer.

Puis ralentir.

Se stabiliser.

Puis retrouver de la mobilité.


Les fascias, les muscles et le système nerveux participent ensemble à cette capacité d’adaptation.

C’est pourquoi le mouvement lent ne doit pas être confondu avec l’absence de travail.

Au contraire, ralentir suffisamment permet parfois de découvrir des trajectoires, des coordinations et des sensations que la vitesse ou la force masquent complètement.


Et si nous cessions parfois de demander davantage à notre corps ?

Nous vivons dans un environnement qui nous demande continuellement d’aller plus vite, de faire davantage, de tenir encore un peu.

Notre pratique corporelle peut facilement reproduire le même modèle.

Plus fort.

Plus loin.

Plus vite.

Le MUNZ FLOOR® propose presque l’inverse.

S’allonger.

Ralentir.

Spiraler.

Écouter.

Et laisser le mouvement apparaître progressivement plutôt que l’imposer.


Le stress chronique n’explique évidemment pas toutes les douleurs, et les fascias ne sont pas responsables de tous nos maux.

Mais la recherche nous rappelle progressivement combien le système nerveux, la perception corporelle, le mouvement et les tissus conjonctifs sont intimement liés.

Alors peut-être qu’avant de demander à notre corps de se détendre…

il faut parfois simplement lui redonner l’occasion de découvrir qu’il n’a plus besoin de se défendre.


Bouger autrement, ce n’est pas forcément bouger davantage.

C’est parfois apprendre à bouger avec suffisamment de lenteur pour que le corps recommence à écouter.


À propos du MUNZ FLOOR®

MUNZ FLOOR® est une méthode créée par Alexandre MUNZ, ancien danseur étoile de l’Opéra de Berlin. Elle se pratique principalement au sol à travers des mouvements spiralés, tridimensionnels et extrêmement lents, guidés à la voix.

Dominique Belotti – enseignante certifiée MUNZ FLOOR®: www.dominiquebelotti.com

Cet article constitue une réflexion pédagogique autour du mouvement, du système nerveux et des fascias. Il ne remplace pas un avis médical et ne prétend pas attribuer au MUNZ FLOOR® le traitement d’une pathologie ou d’un trouble hormonal.

Quelques références scientifiques

Langevin HM. Fascia Mobility, Proprioception, and Myofascial Pain. Life. 2021;11(7):668. doi:10.3390/life11070668.

Fede C. et al. Fascial Innervation: A Systematic Review of the Literature. International Journal of Molecular Sciences. 2022;23(10):5674.

Barsotti N., Chiera M., Lanaro D., Fioranelli M. Impact of stress, immunity, and signals from endocrine and nervous system on fascia. Frontiers in Bioscience. 2021;13(1):1–36.

Silva BL. et al. A pilot study of the effects of suboccipital fascial release on cortisol levels in workers in the clothing industry – randomized clinical trial. Journal of the Canadian Chiropractic Association. 2020;64(2):109–118.

 
 
 

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